États-Unis, l'ouest encore et toujours...


Un souvenir mémorable... c'est l'impression que les Etats Unis nous avaient laissé lors des 3 mois passés lors de notre précédent voyage il y a 5 ans. Nous avions alors randonné dans les grands parcs de l'ouest et découverts les "slots canyons" dans des lieux incroyables et descendu le "Big Sur", la côte Pacifique de San Francisco à Los Angeles, en vélo.

Ce voyage s'annonçait donc dans la continuité de ce précédent voyage...

11 juillet 2023 : Atterrissage à Seattle avec pour commencer, une transition voiture/rando avant d'attaquer le projet principal : rouler quelque part entre Portland et San Francisco.

Le Glacier National Park était dans le top 3 des idées retenues mais la distance et les 36h sans sommeil en raison du décalage horaire auront eu raison de notre motivation initiale. Qu'à cela ne tienne, l'état de Washington regorge de magnifiques parcs nationaux. Direction le mont Rainier, qui avec ses 4392m nous remettra dans l'ambiance des glaciers du Népal, l'accessibilité en plus ! De beaux bivouacs au bord de lacs bien frais à guetter avec envie et crainte nos amis les Ours. Le rituel de la montée des vivres en haut des arbres a tout son charme...



Nous devrons ensuite renoncer au Parc du Mont Saint Helen en raison d'une route coupée dûe à un glissement de terrain. Le Mont Adams est son voisin à 3743m, parfait avant notre redescente vers la rivière Columbia.



La chaleur de ce mois de juillet exceptionnel est palpable dans la vallée et nous interroge sur la faisabilité de notre projet vélo... Heureusement le Pacifique est notre climatiseur naturel ! Dès le départ fixé à Astoria (jonction entre la rivière Columbia et l'extrême nord de l'Oregon) nous nous rappelons ces brouillards matinaux qui donnent cette ambiance si caractéristique de la côte Pacifique.

Mais, cette fois ci le départ ne sera pas simple...les "campgrounds" sont pleins à cette période de l'année et le seul moyen de camper est d'être un "hiker biker" c'est à dire une personne non motorisée. Les américains ont beau souffrir de leur mauvaise hygiène alimentaire, particulièrement dans cet état de l'Oregon, ils n'ont pas moins de respect pour l'effort physique en réservant systématiquement des places disponibles pour les aventuriers de l'asphalte ou des sentiers côtiers. C'est donc grâce à de compréhensifs "rangers" que nous pouvons établir notre camp et acheter tous les vélos nécessaires ainsi que la remorque grâce à la voiture pour se lancer ! Un vrai paradoxe !

Deux jours plus tard c'est le grand départ, la libération et le retour du sentiment de liberté que ne nous apporte plus la voiture ! L'objectif : aller aussi loin que possible avant le 20 août, date du retour de San Francisco.

Le premier jour sera difficile, une circulation très dense et un sentiment d'insécurité au milieu de tous ces trucks énormes et de ces caravanes-bus que semblent posséder tout américain qui se respecte. Une arrivée sous la pluie et le seul camping à pratiquer un tarif prohibitif pour les bikers à 50$ sur un emplacement qui n'en est même pas un... Mais la motivation est là, le moral aussi en ce début de parcours, motivés par l'envie de voir des phoques et des baleines sur le trajet ☺️. Ce sera un fine, le seul jour de pluie en un peu plus de trois semaines et ça, c'est plutôt bien agréable en vélo !


Le parcours se fera avec une alternance de routes côtières magnifiques et la 101 par moment en 2x2 voies et même deux tunnels où on espère que nous serons suffisamment visibles pour ne pas frôler la catastrophe. Après un détour par la plage où les jeux sont bienvenus pour les enfants (le midi souvent aussi d'ailleurs), les soirées sont souvent rythmées par l'allumage d'un petit feu... tradition américaine oblige ! Saucisses et chamallow pour récupérer de l'énergie pour le lendemain.

                                              
                                     

Étape à Depoe bay pour observer les Grey whales, ces baleines qui finissent par rester sédentaires dans cette baie, au lieu de migrer comme la plupart de leurs congénères entre l'Alaska et Baja California au nord du Mexique. Le spectacle ne sera pas aussi fantastique qu'à Monterey mais quelques dauphins viendront également nous saluer à la proue du bateau. Les enfants sont ravis et l'image de ces mammifères géants aidera à franchir l'étape du jour assez conséquente !

Les routes côtières sont en effet très peu plates... avec une moyenne de 300m positif par jour sur 30km en moyenne, les enfants, et nous d'ailleurs avec nos remorques trop chargées, en feront les frais ! Les distances parcourues restent donc modestes mais bien suffisantes et notre objectif final se dessine petit à petit sur Crescent city, première ville de l'État de Californie. Nous aurons alors descendu toute la côte Pacifique de l'Oregon. Un bel objectif !

Quelques burgers et pancakes plus tard, nous aurons également visité des musées maritimes et scientifiques, observé des retours de pêche de gros chaluts, participé à des jeux/informations sur les oiseaux ou la reproduction des saumons organisés pour les "juniors rangers", et en anglais svp ☺️. Avis aux instits, "c'est rigolo d'apprendre comme ça"!

Bref, un programme dense, probablement trop à certains moments, pressés par un objectif à atteindre, un retour qui se précise et l'envie d'en profiter qui fait parfois oublier quand on est adulte les besoins fondamentaux de repos et de vraie "vacance "/ vacances ? (enfin ça c'est surtout pour Delphine quand même). 





Arrivée à Crescent city le 15 août après 21j de vélos, 5j de pauses, 650km environ et 6000m positifs. Bravo les gars, une bien belle perf pour vos petits mollets !



Il nous restera 2 jours et demi pour une dernière transition, volcanique toujours 🤣, avant le retour à San Francisco.




 Direction le Lassen volcanic National Park et la promesse du retour de la chaleur. Une petite rando sur un cône de cendres et un "Lava tube" sorte de grotte creusée par la lave en fusion le premier jour et le deuxième une dernière rando pour rejoindre une zone géothermique où la boue bouillonne, le souffre colore les rochers et l'oeuf pourri chatouille nos narines. Un beau finish pour ce mini-Yellowstone ! 




Ça aurait pu finir comme ça... mais il nous manquait "smokey", petit ours noir mythique, symbole dans les parcs américains, et en guise d'au revoir un magnifique spécimen est venu traverser la route devant nos yeux ébahis !

On pouvait partir tranquille, sentiment du devoir accompli et des rêves réalisés. A bientôt, très probablement !



 

Efate, Malekula, Pentecôte, Espiritu Santo

 


Les plages de sable blanc succèdent aux plages de sable noir de Tanna. Partout le même programme, snorkelling, châteaux de sables avec quelques variantes...Parfois on nage avec d'énormes tortues, parfois on fait une rando pour s'élever un peu et réaliser à quel point on est isolé sur notre îlot. Parfois on est seuls sur notre île, parfois il y des villages et donc des multitudes d'enfants. Mais toujours des couchers de soleil magnifiques, des sourires, des gens simples et adorables comme on en rencontre peu sur notre planète !









Les passages d'îles en îles se font avec un petit avion de 17 places. Une sacrée expérience en soi... les enfants sont presque assis dans le cockpit avec les pilotes et l'atterrissage sur les pistes en herbe, épiques ! L'avion est ici utilisé comme un bus avec des aéroports qui ne sont parfois pas plus qu'une cabane de tôle et un pèse personne sur lequel on pèse tout... même les passagers. Heureusement on n'a pas trop pris ces derniers temps !


Et puis on arrive sur l'île de Pentecôte.... Avec une tradition de dingue qui a fait que Delphine avait choisi cette destination.

Dans le classement des trucs un peu fous que l'on a vu en voyage, ils sont bien placés.
Après avoir assisté à ce rite qui fête  le début de la récolte de l'igname, on se demande quand même qui le premier a pu avoir l'étrange idée de se jeter du haut d'une tour avec des lianes accrochées aux chevilles !

Une dizaine de saut et la réception nous surprend toujours autant.... On vous laisse juger !


Le saut démarre à une dizaine de mètres du sol pour les enfants mais peut aller jusqu'à 20-25m pour les plus aguerris ! Les danses et chants traditionnels sont heureusement là pour encourager ces "inconscients"!
Non, vraiment, le saut du gaul c'est un truc de dingue ! Les enfants peuvent commencer à partir de dix ans d'un peu plus bas...mais d'une hauteur quand même suffisante pour qu'aucun de nous ne se sente prêt à tenter l'expérience. 








Le problème, c'est que l'on a prévu un vol retour depuis l'aéroport au nord de l'île pensant trouver le moyen de faire les 70 km qui nous en séparent. Mais les Chinois sont en train de construire la route... Impossible de traverser cette île avant qu'ils aient fini! On est bloqué au paradis, ou plutôt à la merci des cargos qui ravitaillent l'île lorsque la météo est bonne.
C'est vrai qu'on a du temps et heureusement, mais quand même ! On approche de la fin.  Delphine, après avoir discuté avec tous les autres "blancs" présents à la cérémonie qui sont absolument tous venus en voiliers pour l'occasion, trouve une solution pour naviguer jusqu'à Malekula.

On peut donc redescendre de la montagne, où se déroule la cérémonie, jusqu'à la mer par une belle petite rando. Un petit apéro sur la plage au milieu de dizaines d'enfants qui ne cessent de caresser les cheveux de Siloée et on ressent vraiment une quiétude sans pareil!
 
Demain nous serons donc sur l'Isis avec Tracey et Dave pour une belle et salvatrice traversée en catamaran.



Seule ombre au tableau, nous raterons les dugongs pourtant dans la baie ou nous jetterons l'ancre ! Mais on ne peut pas tout avoir. Déposés par Dave sur une plage, nous n'étions pas sûrs de trouver quelqu'un pour rejoindre le village avant la nuit.


Espirito Santo sera notre dernière île. Un peu de culture quand même avec un musée qui retrace l'histoire de la seconde guerre mondiale dans le Pacifique, et en travaux pratiques un snorkelling accessible depuis la plage, où les américains ont volontairement coulé des jeeps des chars et des barges... Impressionnant !


Une plongée sur une épave longue de 200m, bateau de croisière réquisitionné en transport de troupes et coulé sur une mine en 1942.

Une balade en kayak de mer pour remonter une rivière translucide qui se finit sur un "trou bleu" avec cordes et sauts d'en haut d'un banyan.










Enfin une grotte suivie d'une rando aquatique clôtureront magnifiquement ce trip dans ce coin du pacifique. 

Vraiment une très belle destination encore très authentique, dommage que ce soit si loin !






Vanuatu, Tanna

 



Nous atterrissons en fin d'après midi. Il fait déjà nuit et presque froid. Notre hôtel est tristounet et la zone dans laquelle il se trouve un peu excentré. Pas grave, nous n'y sommes que pour la nuit, dès demain nous repartons pour Tanna,  île la plus au sud sur laquelle nous allons passer une semaine et qui marquera vraiment notre entrée dans le pays.

Nous savons que les premiers jours dans un pays sont le plus souvent décevant. Le temps de comprendre comment ça fonctionne, d'arriver à interpréter les réactions des gens, bref, de remplacer ce que l'on a imaginé par ce qui est réellement.

Les Vanuatu n'échappent pas à cette tendance. Nous arrivons à Lenakel sous un temps grisouille, il tombe quelques averses de temps à autre. Il ne fait pas très chaud et des doutes commencent à planer sur nos envies de snorkelling.

On traverse l'île sur un pick-up pour rejoindre notre homestay. La route nous offre au détour d'un virage une vue plongeante sur le volcan. Un énorme panache de fumée épaisse s'en dégage et vient densifier le plafond nuageux. L'île prend un aspect austère et impressionnant, d'autant que les traces de deux cyclones et d'un tremblement de terre deux mois plus tôt sont omniprésentes sur les pistes, la végétation et les habitations que nous croisons.


Heureusement nous sommes très bien accueillis dans notre homestay. Situé dans un petit hameau, des enfants courent partout et le sable noir du sol attire les nôtres pour divers jeux. Nos deux bungalows sont plein de charmes.

Pour nôtre arrivée, Neti a préparé un "lap lap", préparation à base de taro et de noix de coco cuite dans des feuilles de bananiers sous un lit de pierres chaudes.





Au lever, le temps n'est pas meilleur mais on se lance dans une balade à pieds qui en une heure doit nous conduire "au lac", plaine de cendre et de lave refroidie au pied du volcan. La vue y est magnifique. La fine pluie qui s'est installée donne un aspect encore plus dramatique au lieu et renforce la couleur noire du sol.



Après un pique-nique sous les palmiers (pour s'abriter de la pluie) nous n'y résistons pas. On se lance dans l'ascension du volcan. On l'attaque par le côté gauche. On vise le col encore verdoyant. Longer la bordure des cendres nous rassure. Nous nous disons que si elles survivent, ce devrait être notre cas aussi. Nous n'avons aucune information sur les risques et si cela est autorisé de monter là sans guide. Arrivés au col, les détonations et les bruits de la lave qui retombent sont impressionnants. Devant nous, il ne reste qu'une centaine de mètres pour atteindre le bord de la caldeira. Après quelques hésitation, nous décidons de battre en retraite. Le premier contact avec le monstre était déjà palpitant.

 Nous avons prévu d'aller faire de la pirogue à balancier avec Malakaī. Nous nous retrouvons sous un ciel gris, sur une plage de sable noir battue par les vagues de la marée haute ! Nous ne sommes donc pas très vaillants à l'idée de nous aventurer sur l'eau. Les bateaux sont entièrement construit par Malakaī et sa famille. Pas un bout de plastique ou de métal, pas même un bout de ficelle, tout est naturel !


Nous nous élançons donc au milieu des vagues, pas très rassurés notamment dans la pirogue où se trouve Siloée ! Mais les embarcations se comportent incroyablement bien et se montrent d'une grande stabilité. Nous sommes néanmoins surpris lorsqu'on voit Malakai sauter à l'eau et laisser Gédéon gérer sa pirogue tout seul. Vraiment stable car il y a tout de même de belles vagues ! Dire que Malakai passe la barrière de corail et fait douze kilomètres en mer pour pêcher!!





Nous sommes le quinze, donc l'anniversaire de Gédéon. Pour fêter ça dignement et de manière indélébile, nous allons ce soir monter sur un énorme gâteau au chocolat avec la plus grosse des bougies ! Et c'est époustouflant. En haut du volcan, le spectacle est là, très proche ! Pas de barrières, une poignée d'autres touristes et 100 mètres plus bas la lave. Parfois, en voyage, les photos exagèrent la beauté d'un lieu en sortant du cadre tout ce qui n'est pas beau. Parfois, nous ne sommes pas assez bons pour qu'elles retranscrivent le moment. 
Et là, c'est le cas. La lave qui jaillit et monte quasiment à notre hauteur dans des grondements et des explosions assourdissantes. La lumière qui s'en dégage en éclairant la nuit et les nuages de souffre... On ne s'en lasse pas. Comme un feu de camp géant. Toute la puissance de la terre qui fait vibrer nos pieds ! Nous aurions pu y passer des heures. Mais bon, Gédéon n'ayant plus de souffle et la bougie grondant malgré tout de plus en plus fort, il a bien fallu redescendre...









Premier jour de beau temps. Le soleil ne nous boude plus ! Ça tombe bien, c'est le jour que nous avions choisis pour aller se baigner dans les sources d'eau chaudes du volcan. Nous nous y rendons à pieds. Là bas, encore plus qu'ailleurs, les traces des cyclones et du tremblement de terre sont visibles. Les piscines aménagées ont elles aussi été emportées. Mais on se baigne directement dans la rivière qui se mélange à l'eau chaude. Il y a beaucoup de gens et d'enfants du village qui jouent et pêchent  autour de nous. Comment font ils pour vivre juste sous ce volcan si menacant ?










Le beau temps s'étant installé, nous profiterons à nouveau de la plage et des pirogues avant de refaire la rando et la montée, cette fois complète, jusqu'au volcan. De jour, le spectacle est complètement différent, les fumées prenant le dessus sur les gerbes de lave.









Nous conclurons notre semaine à Tanna par une visite d'un village avec tenues et danses traditionnelles avant d'embarquer après une très longue attente sur le ferry. 






Ambiance très roots à bord mais très conviviale avec les ni va, curieux et amusés de voir des français de France dans leur pays (les autres francophones venant surtout de Nouvelle Calédonie).